À l’approche des élections municipales, dans un contexte où l’incertitude et les débats autour de la mobilité urbaine sont plus vifs que jamais, nous avons voulu contribuer à la réflexion.
Chez Communauto, notre mission environnementale, sociale et urbanistique est claire : offrir une alternative à la propriété d’une voiture, en développant une offre de transport complémentaire aux transports collectifs et à la mobilité active.
L’autopartage constitue l’un des moyens les plus efficaces pour réduire l’impact de la voiture sur les villes : il permet de libérer de l’espace public, de diminuer la congestion et de réduire les émissions de gaz à effet de serre. Même si son rayonnement demeure encore limité, son influence est tangible. À Montréal, par exemple, près de 15 % des ménages utilisent déjà Communauto.
À notre avis, le fait d’intégrer des objectifs concrets en matière d’autopartage dans une plateforme politique est un indicateur de la profondeur et de la crédibilité d’un programme électoral qui se veut réellement axé sur la mobilité durable.
C’est donc à travers cette lentille, celle de l’autopartage et de la mobilité intégrée, que nous avons examiné les programmes électoraux dans plusieurs grandes villes du Québec où Communauto est bien implantée.
Montréal
Projet Montréal (Luc Rabouin)
Plateforme complète
La plateforme consacre un chapitre explicite à l’autopartage. Le programme reconnaît le rôle positif de ses usagers et propose notamment :
- la création d’une vignette universelle permettant aux véhicules en station de se garer dans les zones résidentielles;
- des stationnements réservés dans des lieux publics comme les grands parcs ou les sites d’Espace pour la vie.
Ensemble Montréal (Soraya Martinez Ferrada)
Plateforme
La plateforme propose une action : « augmenter le nombre de places de stationnement pour les véhicules en libre-service, notamment dans les quartiers moins bien desservis ».
Transition Montréal (Craig Sauvé)
Site officiel
Le programme ne mentionne pas explicitement l’autopartage, mais prévoit plusieurs actions favorisant le développement du transport en commun et de la mobilité durable.
Québec
Québec Forte et Fière (Bruno Marchand)
Plateforme
Le parti du maire sortant est le seul à évoquer un chantier favorisant l’autopartage, avec pour objectif de lancer la mobilité intégrée à l’échelle de la ville. L’administration Marchand a déjà démontré un appui concret à l’autopartage.
Transition Québec (Jackie Smith)
Programme
Le parti consacre un article de son programme à « Encourager l’autopartage » (3.4) via principalement à trois mesures :
A. Modifier le cadre de réglementation afin d’étendre l’offre d’autopartage dans tous les quartiers de la ville de Québec;
B. Bonifier l’offre d’autopartage de véhicules électriques.
C. Augmenter les espaces de stationnement pour les véhicules automobiles en libre partage (Communauto), notamment en obligeant les stationnements commerciaux et les développements résidentiels de huit logements et plus à réserver des places pour ce service.
Leadership Québec (Sam Hamad)
Programme
Aucune mention de l’autopartage. Le parti propose de remplacer le projet de tramway par un service rapide par bus, tout en avançant certaines mesures qui limiteraient la mobilité active (ex. réduction du déneigement sur les pistes cyclables).
Québec d’abord (Claude Villeneuve)
Engagements
Pas de mesures spécifiques pour l’autopartage, mais plusieurs engagements favorables à la mobilité durable : tramway, voies réservées et amélioration des passages piétons.
Laval
Mouvement lavallois (Stéphane Boyer)
Plateforme
Présente un engagement clair : « Élargir l’offre de mobilité en libre-service sur l’ensemble du territoire, notamment les services de vélopartage et d’autopartage. »
L’administration Boyer s’est distinguée par des initiatives concrètes, comme le remboursement des premières utilisations pour les nouveaux usagers, une première au Québec !
Parti Laval (Claude Larochelle)
Programme
Ne fait pas de l’autopartage une priorité. Malgré quelques mesures en faveur du transport en commun, la plateforme met l’accent sur la fluidité automobile et remet en question certains projets cyclables et de voies réservées.
Action Laval (Frédéric Mayer)
Plateforme
Ne mentionne pas l’autopartage, et propose un moratoire sur les projets cyclables en attendant une stratégie de mobilité active.
Gatineau
Action Gatineau (Maude Marquis-Bissonette)
Programme complet
Inclut un engagement explicite : « Que la Ville de Gatineau favorise le covoiturage et l’autopartage. »
L’administration sortante s’est d’ailleurs distinguée avec le récent déploiement du service FLEX entre Gatineau et Ottawa.
Équipe Mario Aubé (Mario Aubé)
Programme
Le volet mobilité reste succinct et ne contient pas d’engagement pour l’autopartage.
Longueuil
Coalition Longueuil (Catherine Fournier)
Site officiel
Même si aucun document d’engagements détaillé n’a été publié, l’administration Fournier a joué un rôle clé dans le déploiement du service FLEX et l’ajout de nouvelles stations sur des terrains municipaux.
Agora Longueuil (Sacha Parisella)
Site à venir
Aucun programme officiel n’est encore disponible.
Sherbrooke
Marie-Claude Bibeau
Engagements
Souhaite faire de Sherbrooke un pôle de la mobilité durable, mais met surtout l’accent sur la fluidité et le transport collectif.
Vision Action Sherbrooke (Guillaume Brien)
Programme
Ne prévoit pas d’orientations spécifiques concernant l’autopartage, mais prône des stratégies pour le développement du transport collectif local et régional.
Sherbrooke Citoyen (Raïs Kibonga)
Programme
Mise sur l’intermodalité, le transport public et la mobilité active, sans mention directe de l’autopartage.
Vincent Boutin
Site
Évoque un engagement pour un aménagement du territoire durable, sans mesures précises en matière de mobilité.
En résumé
L’autopartage s’impose progressivement dans les programmes électoraux municipaux du Québec, mais son intégration demeure inégale.
Certaines administrations sortantes, notamment à Montréal, Québec, Gatineau et Laval, ont pris des engagements concrets en ce sens, tandis que d’autres continuent de privilégier la voiture individuelle.
Pour nous, Communauto, l’autopartage n’est pas seulement un service, mais une véritable clé de transformation urbaine. Nous continuerons à collaborer avec les villes et les citoyens pour en faire un pilier essentiel de la mobilité durable au Québec.


